Etre non-voyante et coiffeuse

Passionnée depuis toujours par la coiffure, Juliette décide d’en faire son métier. A 20 ans, elle commence à travailler dans un salon. Son destin semble tout tracé jusqu’à cette terrible date du 22 avril 2011 où elle est victime d’un accident de la route qui la prive totalement de la vue et qui remet tout en cause. 

 

Juliette est dans son salon et coiffe une cliente.

 

Etre non voyante et coiffeuse, cela peut paraître pour tout un chacun comme impossible et pourtant Juliette l’a fait. Victime d’un accident de voiture, elle entreprend après sa sortie de l’hôpital, une rééducation motrice dans un centre spécialisé.

« Je n’avais aucun reste visuel, mais j’avais la chance d’être toujours en vie, je me suis donc battue pour suivre ma passion. J’étais coiffeuse et j’ai choisi de continuer dans cette voie. J’ai dû trouver les astuces pour me débrouiller toute seule. J’ai pris le temps, j’ai été patiente. »

Juliette s’entraîne d’abord sur des personnes volontaires, sous l’œil vigilant de son employeur qui était son ancien professeur de pratique. Les techniques sont les mêmes et se basent sur le toucher. « Mes doigts et mes gestes sont précis, je n’ai rien perdu de ma dextérité. »

Ce constat la rebooste et lui donne envie d’ouvrir son propre salon de coiffure. Cinq ans après, son pari est réussi, elle emploie désormais une salariée à plein temps et une apprentie. Mais l’année de création de ce salon marque aussi une nouvelle étape dans sa vie, l’arrivée de son chien guide Hayam. « Je l’attendais de toutes mes forces. Il est un atout, une facilité, un contact avec mes clients. J’ai pris mon handicap comme une épreuve que j’ai à surmonter. Je ne suis pas différente parce que j’ai un handicap. Je reste la même, je vis différemment c’est tout ! »