Les Beaux-Arts sinon rien !

René Richez est adolescent quand son père perd la vue d’une rétinite pigmentaire. Malgré le caractère héréditaire de la maladie, il se bat pour sa passion : faire des études aux Beaux-Arts. Lorsqu’il obtient son diplôme national, sa vision nocturne est quasi nulle, mais cela ne l’empêche pas de continuer. Découvrez son histoire... 

 

 

Après avoir obtenu son concours d’enseignant, René entre dans un lycée professionnel pour y enseigner les arts appliqués et trouve des astuces pour cacher son handicap au quotidien. « Je demandais aux élèves de faire l’appel à ma place et je les comptais discrètement. »

 

Quelques années plus tard l’évolution de sa maladie est telle qu’il ne parvient plus à voir les travaux de ses élèves. Devenu photophobe, il est contraint de se mettre en arrêt de travail. Commence alors une terrible remise en question. « J’avais lancé un projet de défilé de mode au lycée et je me suis battu pour le mener à bien. Cela a été un énorme succès, mais cela a aussi sonné la fin de ma carrière d’enseignant. » 

 

Il intègre alors une école pour jeunes aveugles et y apprend le braille. Au gré des rencontres, il parvient à reprendre une activité de peintre tactile qui le mène à faire des expositions culturelles dans plusieurs villes. En 2006, il créé avec une artiste malvoyante l’association « Art et Vision », c’est le début d’expositions communes entre ces deux artistes.

 

Un club service repère son travail et le contacte pour lui financer un chien guide. « Ce ne pouvait être que lui », dit-il « il s’appelait Mirage ». Lorsque son premier chien guide décède, il reprend un berger allemand, Feeling, qui le guide encore aujourd’hui. « Mes chiens m’ont permis de ressortir sans angoisse, de prendre le train pour Lille, de marcher tous les jours dans ma campagne. Ils ont assisté à toutes les expositions et ont beaucoup attiré le public. »

 

« La main du peintre avance en tâtonnant comme l’aveugle, dans l’obscurité de la toile blanche et la lumière qui naît peu à peu, c’est le peintre qui la crée, paradoxalement en accumulant les noirs. » (Le Mystère Picasso, Henri-Georges Clouzot)