La cécité et la déficience visuelle tardive

Date de l'événement : 
28 novembre 2018

Le Professeur Gilles Renard est Professeur des Universités, praticien hospitalier et Directeur scientifique de la Société Française d’Ophtalmologie(SFO). Nous l’avons interrogé sur les principales causes de cécité et sur la déficience tardive.

 

 

Quelles sont les principales causes de cécité ?

Les plus fréquentes sont liées à des anomalies de la partie antérieure de l’œil. Présentes dès la naissance, elles sont partiellement réparables, c’est le cas de la cataracte par exemple.

Les cécités postérieures sont dues à une anomalie du nerf optique ou de la rétine. Ainsi la rétinopathie pigmentaire altère la vision de côté dès l’enfance, puis la vision centrale entre 30 et 50 ans. Ces deux pathologies sont sans solution à l’heure actuelle.

Contrairement à une idée reçue, 90 % des traumatismes ne touchent gravement qu’un seul œil.

 

Qu’en est-il de la cécité tardive ? Qui est touché ?

Les « vraies » cécités apparaissent vers 20 ou 30 ans. Après 60 ans, un glaucome peut évoluer en cécité, mais en France, cela est considéré comme un échec de prévention et/ou de thérapeutique. Il existe également la DMLA, la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age, elle entraîne une malvoyance de la vision centrale, gênante pour la lecture elle l’est moins pour les déplacements. Contrairement à une idée reçue, elle ne rend jamais aveugle et des solutions médicales existent.

 

Pouvez-vous nous citer des avancées technologiques de ces dernières années ?

Deux grands domaines mobilisent toute l’énergie des chercheurs : la création d’une rétine et la fabrication d’un nerf optique artificiels. Pour la rétine artificielle, on se heurte à des problèmes technologiques : un œil possède un million de capteurs, un récepteur uniquement 300. Concernant le nerf optique artificiel, sa fabrication est à l’étude, pour l’instant seule une caméra posée sur les lunettes peut communiquer des informations visuelles au cerveau.

 

Les personnes handicapées visuelles ne sont pas abandonnées par les chercheurs. La recherche progresse lentement mais aboutira sans doute à des résultats dans le futur.