Une maître de chien guide au Ministère de l'Ecologie

Malvoyante de naissance, Gisèle a une vue de plus en plus faible avec le temps. Passionnée par les chiens, elle décide à 45 ans de déposer une demande à l'École de Chiens Guides de Paris. Aujourd’hui elle partage son quotidien avec sa chienne, Monday, depuis 16 mois. Témoignage…

 

A droite gisèle, brune aux cheveux mi-longs qui tiens son chien dans ses bras

 

« En primaire, j’ai été accueillie dans une classe spécialisée pour les enfants déficients visuels où j’ai appris le braille. Au collège, j’ai rejoint le milieu scolaire ordinaire. A l’époque, je disposais d’une vision suffisante. J’aimais les mathématiques mais tout était écrit sur le tableau et il était compliqué de me faire aider. J’ai donc passé un Master en droit. Aujourd’hui je travaille au Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire avec des postes aussi variés que les transports maritimes, la réglementation sur le cadre bâti ou la prospective. Actuellement je m’occupe du budget à la direction des Affaires Européennes. J’aime cette diversité, ceci dit, moins je vois, plus il m’est difficile de me vendre pour de nouvelles fonctions.

Je suis venue au chien guide naturellement. J’ai longtemps attendu d’avoir un chien guide. Et puis Monday est arrivé dans ma vie il y a un an et quatre mois. C’est mon rayon de soleil ! Elle est plus populaire que moi. Avec ma fille maintenant âgée de 18 ans (qui voit bien), il y a une vraie relation de complicité. Et je vis avec un compagnon également malvoyant qui avait peur des chiens : maintenant, lui aussi va faire une demande de chien guide !

Depuis que je fais équipe avec Monday, j’ai moins de peur et d’appréhension. Elle m’apporte tellement d’amour, tellement d’affection, bien au-delà d’un chien guide. C’est une compagne de tous les jours, un exemple d’amour, d’intelligence et d’humanité. On est faites l’une pour l’autre : elle ressent mes inquiétudes et ce qui me fait sursauter dans la rue.

Chaque jour, dès que je me lève, Monday me fait la fête. Lorsque nous partons, tout est très fluide dans les déplacements. Je me demande comment je faisais quand elle n’était pas là ! »