UNE SEMAINE À ROME AVEC SHIVA

Cet été, j’ai passé une semaine à Rome avec ma famille… et Shiva, ma chienne guide depuis un peu plus d’un an. J’avais envie de partager cette expérience, tant la manière dont nous avons été accueillies m’a surprise, souvent en bien, parfois avec un brin d’incompréhension.
Dès les billets réservés, j’ai prévenu la compagnie aérienne en donnant toutes les informations nécessaires sur Shiva. Il a fallu insister pour faire noter que je n’avais pas besoin d’assistance, mais la veille du départ, bonne surprise : nous étions toutes les trois placées en première rangée. À l’aéroport, Shiva nous a littéralement ouvert les portes. Les agents de sécurité l’ont adorée et, dans l’avion, le personnel n’était pas loin de vouloir l’adopter. Seul bémol : l’espace minuscule à nos pieds.
Au retour, contrôle plus tendu. On nous a demandé les papiers du chien, comme si un chien guide devait encore prouver sa légitimité. J’ai présenté son certificat, et après quelques hésitations, on nous a laissées embarquer. Une piqûre de rappel : la sensibilisation reste indispensable.
À Rome, les déplacements se sont révélés simples. Métro, bus, rues animées… Shiva s’est adaptée à tout. Une seule remarque désobligeante dans un bus, vite réglée avec quelques mots d’italien. Dans les restaurants, l’accueil a été remarquable : certains apportaient spontanément une gamelle avant même la commande. Les supermarchés ont parfois tiqué, mais rien d’insurmontable.
Les visites ont été un vrai plaisir. Musées, Vatican, Villa Médicis, même le Colisée : partout, on nous a laissées entrer, souvent gratuitement, et Shiva a circulé sans difficulté. J’ai découvert quelques dispositifs d’accessibilité, encore trop rares, mais l’un d’eux m’a marquée : un plan en relief avec QR code dans un parc du centre de Rome, preuve qu’une ville historique peut aussi penser à ses visiteurs aveugles.
La chaleur, elle, ne nous a pas épargnées. Shiva a vite compris l’intérêt des nombreuses fontaines romaines. Quant aux escaliers — notamment ceux, vertigineux, de la coupole de Saint-Pierre — elle les a montés avec un courage qui m’a presque émue. Je crois qu’elle y a laissé sa peur des marches.
Au final, voyager à Rome avec une chienne guide est non seulement possible, mais réjouissant. Il faut juste éviter les heures les plus chaudes, boire beaucoup d’eau et accepter que, parfois, c’est le chien qui devient votre meilleur passeport.
Si vous envisagez le voyage : foncez. Rome sait se montrer généreuse, surtout quand on y arrive guidé par une Shiva.



