Les pas qui unissent : Episode 2 - Le second départ

Le matin, il y a ce geste. La main qui descend le long du mur, cherche le harnais accroché à sa place habituelle. Le cuir est là, froid, immobile. Mais rien ne vient. Pas de souffle derrière lui, pas de frôlement contre sa jambe, pas cette présence fidèle, toujours là, juste à côté. Patrick reste immobile quelques secondes, puis relâche la main. Dans la cuisine, la gamelle est rangée depuis quelques semaines déjà.
Certains matins, il lui semble encore entendre les griffes sur le carrelage. Sirocco est parti à la retraite au début de l’été. Huit ans à marcher ensemble, à ne presque plus réfléchir aux trajets, aux obstacles, aux hésitations. Huit ans à avancer avec un partenaire qui comprenait avant même qu’il ne demande. Il savait que ce moment viendrait. Mais savoir ne rend pas les choses plus simples.
Les premiers jours, la maison a semblé très, presque trop grande. Ses enfants ont posé des questions simples, sans détour : — Il va revenir ? Il a répondu comme il a pu, par des phrases courtes et des explications rationnelles. Au fond, lui-même cherchait encore comment passer de “toujours” à “autrement”. Sirocco est parti à la retraite. Il vit désormais chez une famille, avec un jardin, du calme, des journées sans travail. Patrick s’en réjouit, sincèrement. Et cette idée l’apaise. Mais il lui manque.
S’ouvrir à la suite
Quand Maëlle, l’éducatrice qui l’avait accompagné avec Sirocco, l’a appelé pour lui parler du prochain chien, Patrick a marqué un silence. L’idée était là, logique, attendue. La transition avait été préparée avec l’école. Mais l’entendre rendait les choses plus concrètes. Recommencer. Réapprendre. Retrouver un rythme à deux. Il a pensé à Sirocco, à leurs habitudes, à tout ce qui s’était construit au fil des années. — On peut prendre le temps, a ajouté Maëlle. Ils se sont retrouvés au centre quelques jours plus tard. Patrick a reconnu les lieux immédiatement : les odeurs, les sons, cette atmosphère particulière où tout semble à la fois calme et en mouvement. — Tu sais, dit-elle, on ne remplace pas un chien. On écrit une autre histoire. Cette fois, Patrick accueille l’idée, sans se fermer. Le chien s’appelle Néo. À suivre...
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