Le chien guide, un élève modèle

De sa naissance à sa remise auprès d’une personne déficiente visuelle, le chien suit un parcours d’éducation très précis. Mais qu’apprend-t-il ? Comment l’éducateur réussit à faire intégrer ces nombreuses connaissances à notre ami à quatre pattes ? On vous livre tous les secrets d’une bonne éducation…

 

Des chiens guides assis les uns a coté des autres ; 3 labradors et un berger australien

 

Un programme sur mesure

Stimulés dès la maternité et éduqués aux bonnes manières par leur famille d’accueil, les élèves chiens guides entrent en formation vers l’âge d’un an. Tout au long de cette « phase d’éducation » qui se déroule au sein d’une Association de chiens guides, les différents employés (animaliers, moniteurs, éducateurs) vont intervenir en veillant au bien-être et à l’évolution de ce futur guide à quatre pattes ! Mais c’est l’éducateur qui va être responsable de la validation des facultés de l’animal.

Le moniteur et l’éducateur définissent un programme d’exercices sur mesure pour chaque chien en fonction de son niveau, de son évolution et de sa personnalité.

Les exercices se déroulent d’abord au sein de l’école, dans un milieu avec peu de distraction, puis peu à peu en situation réelle. En effet, pour maintenir une bonne concentration, le chien doit apprendre à lutter contre ses dispositions innées, notamment ses facultés olfactives. Pas facile de ne pas se laisser distraire par un chien rencontré ou une bonne odeur de nourriture… Le chien doit également apprendre à gérer les bruits, les odeurs, à maîtriser ses craintes.

 

Une educatrice avec son chien guide, un labrador noir. Ils sont sur un parcours d'entrainement et essaient d'éviter un vélo qui encombre le chemin.

 

50 ordres pour guider

Pendant 6 à 9 mois, l’élève chien guide va devoir apprendre à contourner des obstacles, marcher en ligne droite, changer de direction lorsque son maître lui en donnera l’ordre, identifier les passages piétons, un escalier ou encore une porte… Tout ce qui va être utile à accompagner une personne déficiente visuelle dans ses déplacements quotidiens. Au total, le chien saura reconnaître 50 ordres à l’issue de son éducation.

Pour que l’éducation soit une réussite, il faut que le chien ait l’impression de s’amuser. Lorsque la réussite est au rendez-vous, le chien reçoit une récompense : croquettes, caresses, paroles. Cependant, aucune punition en cas de bêtise ! Il ne faut pas que le chien se décourage. Ainsi, au fur et à mesure, l’élève chien guide va « anticiper » pour faire plaisir à son maître et bien sûr obtenir sa récompense… !

Une fois que le chien semble prêt à être un bon chien guide, il devra passer son examen : le certificat d’aptitude au guidage.

 

Une illustration qui détaille le certificat d'aptitude au guidage. Le texte est indiqué à la fin du document

 

Une formation continue

Il reste bien évident que tout le travail entrepris par l’éducateur va se prolonger ensuite avec le maître du chien guide. En effet, il faut entretenir les compétences du chien mais aussi sa motivation en octroyant très régulièrement des pauses, des récompenses et en veillant à son bien-être au quotidien.

Ce sera également toujours au maître de donner le parcours à suivre ; en aucun cas, le chien guide ne prendra l’initiative du déplacement, de la traversée : c’est le maître qui dispose des capacités d’analyse pour cela.

Les chiens ont leur propre caractère, leurs qualités et leurs défauts et même s’ils reçoivent tous au sein des Ecoles de Chiens guides d’aveugles fédérées, une même qualité d’éducation, la réussite de l’équipe « Aveugle - Chien guide » va dépendre de la capacité de la personne handicapée visuelle à bien comprendre son chien, à maintenir cette bonne communication et à renforcer la confiance mutuelle.

 

Texte sur l'illustration ci-dessus du certificat d'aptitude au guidage : 

Vers 18/20 mois, le chien passe son certificat d’aptitude au guidage. C’est le diplôme lui permettant d’être chien guide ! Lors de cet examen, l’éducateur sous bandeau, en situation de cécité complète, effectue avec le chien qu’il a éduqué un parcours en ville, en campagne, dans un parc cet en intérieur. Il est soumis à 46 situations. En ville cela dure de 45 à 60 minutes, il y a 29 situations de guidage ou de recherche (évitements, arrêts, passages piétons, boite aux lettres…), dévier de l’obstacle au sol ou de celui en hauteur. En campagne, cela dure de 20 à 50 minutes, il y a 8 situations évaluées : savoir suivre le bas-côté droit ou gauche, s’arrêter aux intersections etc... Pour finir, 9 situations d’obéissance sont évaluées dans un parc ou en intérieur.