Un maître de chien guide à la barre

Aveugle de naissance, Matthieu Juglar a choisi le métier d’avocat. Accompagné par Groove, son chien guide, il nous explique comment il a su s’adapter pour exercer un métier peu commun pour une personne déficiente visuelle. Rencontre.

 

Un homme brun debout avec sa tenue d'avocat. A côté son chien guide.

 

« J’ai toujours eu envie d’avoir un chien guide, pour moi c’était synonyme de davantage d’autonomie ». Il saute le pas lors de sa première étude de droit. Aujourd’hui âgé de 35 ans, il est avocat pénaliste au Barreau de Paris où il défend toutes sortes de cas : trafics de drogues, vols, braquages... « L’idée de ce métier m’est venue à l’adolescence, en écoutant certains grands procès à la radio : c’était l’époque des grands ténors et de la chronique judiciaire de François Foucart sur France-Inter. J’ai eu envie de faire ce métier de défense. »

Durant ses études, sa cécité a été quelques fois une barrière, car à l’époque il n’y avait pas beaucoup de contenus accessibles sur format numérique. Cela ne l’a pas empêché de partir faire une partie de ses études au Royaume Uni.

Aujourd’hui dans l’exercice de ses fonctions, il ne bénéficie pas d’aménagement de poste spécifique car la plupart des dossiers sont numérisés. Pour le reste, il fait appel à des stagiaires. Quand on lui demande si sa cécité lui a déjà posé problème dans sa carrière d’avocat, il ironise : « il est certain que je vais moins vite que mes confrères. A l’inverse, certains braqueurs sont très prévenants avec moi » !

Guidé par Groove depuis 5 ans et demi, Maître Juglar nous confie que son chien guide est très apprécié au Palais de Justice, d’autant que c’est un chien qui se tient parfaitement bien à l’audience.